Le silence, c'est la mort ! Η σιωπή είναι θάνατος!

Publié le par Amfitryon

 

VENDREDI 11 JANVIER 2013


Nous entrons dans la 5ème année de crise, la plus forte, la plus profonde, la plus injuste.
Cinq années de drames, et surtout de honte. Honte de cette société qui avait tout fait, tout vu, tout donné, tout apporté. Une société , qui, comme un film de Hollywood nous disait que de toute façon, nous serions à jamais heureux. Nous savions que ce n'était que du mensonge. mais, aujourd'hui, le mensonge continu. La Grèce a été insultée durant cinq longues années, surtout par l'Allemagne. On a craché sur la Grèce. Elle était devenue la prostituée de l'Europe. Et tout le monde s'accordait à dire que la Grèce allait quitter la zone euro, rendre l'Euro pour la Drachme, et un jour, quitter l'Union européenne. Quand les Allemands proposaient d'acheter les îles, d'autres criaient qu'il fallait rendre la Grèce à la Turquie. Comme si la Turquie avait demandé quoique ce soit.
Et rien ne s'est passé. Rien, sauf que le peuple meurt de faim, que les enfants ont du mal à vivre, que l'on se chauffe au bois à Athènes, et ailleurs, que les femmes enceintes ont du mal à accoucher dans les hôpitaux d'Athènes et d'ailleurs. Voilà ce qui s'est passé. La honte est de plus en plus présente.
Alors, que font les politiques grecs, que font les gens importants en Grèce, que fait l'élite de ce pays ?
Je ne le sais pas, je ne le vois pas, je ne le lis pas, je ne l'entends pas.
Personne de se lève donc pour dire Assez ?
Non, personne !
Je sais que c'est facile de juger depuis Paris, depuis la France qui va bien mieux que la Grèce, je sais, c'est facile. Et vous pourrez me cracher au visage et me dire que moi, j'ai un emploi, je mange tous les jours, trois fois par jour. Vous aurez le droit de le faire. Vous devriez le faire.
Parce que, depuis Paris, j'ose peut-être me mêler de ce qui ne me regarde pas. je ne suis pas Grec.
Je ne parle pas bien le grec, je dois trouver du temps pour l'apprendre. Et mes textes sont traduits par Lazaros Mavromatidis. Lui habite à Lyon.
Mais j'ai mal, mal de plus en plus mal. J'ai mal à la Grèce, parce que personne ne s'occupe de la Grèce. Personne. Sauf quelques personnes isolées comme moi et Lazaros, ou Crystalia Patouli que je ne connais que par internet. Lazaros non plus je ne le connais pas. On s'est parlé au téléphone. Rien de plus.
Mais j'ai mal parce que je ne vois pas une élite se lever et taper du poing sur la table, et dire assez.
Si des grecs célèbres, importants, plus importants et plus riches que moi avaient le courage de dire que c'est fini, que maintenant on va sauver la Grèce, et pas la vendre. Moi, je ne servirai plus à rien, et ce serait bien.
Est ce que je sers à quelque chose d'ailleurs ?
Je ne sais pas, mais tous les jours, j'allume cette petite bougie, pour me dire que cette petite lumière dans la nuit, c'est l'âme de la Grèce qui ne doit pas mourir.
Zorba, Zorba, apprends moi à danser !
 

 

Publié dans Grece - Ελλας

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